L’arthrose de l’épaule est une cause fréquente de douleur chronique de l’épaule et de perte progressive de mobilité. Elle peut rendre difficiles des gestes du quotidien comme lever le bras, se coiffer ou atteindre une étagère, avec un retentissement variable sur la vie personnelle, professionnelle ou sportive.
Cette pathologie correspond à une usure progressive de l’articulation gléno-humérale. L’arthrose de l’épaule peut rester limitée à une usure cartilagineuse isolée ou évoluer vers des formes plus complexes, notamment en cas d’atteinte de la coiffe des rotateurs.
Même s’il n’existe pas de traitement permettant de régénérer le cartilage, plusieurs options de traitement permettent de soulager la douleur, préserver la mobilité et maintenir une fonction satisfaisante. Une évaluation spécialisée permet d’adapter la prise en charge, du traitement conservateur à la chirurgie prothétique si nécessaire.
L’arthrose de l’épaule, aussi appelée arthrose gléno-humérale ou omarthrose, correspond à une usure progressive du cartilage entre la tête de l’humérus et la glène de l’omoplate.
Le cartilage articulaire assure normalement un glissement fluide et indolore. Lorsqu’il s’use, les surfaces osseuses entrent progressivement en contact, entraînant des douleurs mécaniques de l’épaule, une raideur articulaire et une diminution de la mobilité, notamment lors de l’élévation et des rotations du bras.
L’arthrose de l’épaule peut être primaire, liée au vieillissement articulaire, ou secondaire à un traumatisme, des luxations répétées, une fracture, une atteinte chronique de la coiffe des rotateurs ou des séquelles chirurgicales. Son évolution est variable et peut impacter significativement la qualité de vie.
L’épaule est l’articulation la plus mobile du corps humain. Cette grande mobilité permet de nombreux gestes fonctionnels, mais s’accompagne d’une stabilité intrinsèque limitée.
L’équilibre de l’épaule repose sur l’interaction entre les structures osseuses, le cartilage articulaire, les muscles et les tendons.
L’articulation gléno-humérale unit la tête de l’humérus à la glène de l’omoplate. De type sphéroïde, elle autorise une très grande amplitude de mouvement.
Les surfaces articulaires sont recouvertes de cartilage, dont l'usure progressive caractérise l'arthrose gléno-humérale.
La coiffe des rotateurs est un ensemble de muscles et de tendons entourant la tête humérale. Elle assure le centrage dynamique de l’épaule et joue un rôle essentiel dans la stabilité articulaire.
Lorsque la coiffe est fonctionnelle, l’articulation reste centrée malgré l’usure cartilagineuse. En revanche, une déchirure massive et chronique de la coiffe des rotateurs entraîne une migration supérieure de la tête humérale, un déséquilibre articulaire et une usure secondaire du cartilage.
Ce mécanisme est à l’origine de l’arthropathie de la coiffe des rotateurs, une forme d’arthrose excentrée associée à une perte de force et une limitation marquée de l’élévation du bras.
L’arthrose de l’épaule se divise en deux grandes catégories :
Cette distinction repose sur l’origine de l’usure cartilagineuse et sur l’état de la coiffe des rotateurs.
L’arthrose gléno-humérale primaire correspond à une usure progressive du cartilage sans cause unique identifiée. Elle survient le plus souvent après 60 ans.
La coiffe des rotateurs est généralement conservée, permettant un centrage articulaire. L’évolution est souvent lente, avec une préservation prolongée de la mobilité malgré des douleurs mécaniques progressives.
L’arthrose secondaire apparaît après un facteur déclenchant : traumatisme, fracture articulaire, luxations répétées, séquelles chirurgicales, pathologie inflammatoire ou atteinte évolutive de la coiffe des rotateurs.
Selon la cause, l’articulation peut rester centrée ou devenir excentrée. L’évolution est souvent plus rapide, avec une gêne fonctionnelle plus précoce.
Cette forme d'arthrose secondaire survient après une rupture massive et chronique de la coiffe des rotateurs. La tête humérale migre vers le haut, entraînant une arthrose excentrée, des douleurs importantes, une perte de force et une limitation sévère de l’élévation du bras, avec un retentissement fonctionnel qui peut être marqué sur les gestes du quotidien.
L’arthrose de l’épaule peut se manifester par :
Une consultation spécialisée est recommandée si vous présentez :
Le diagnostic de l’arthrose de l’épaule repose sur un examen clinique spécialisé évaluant la douleur, la mobilité, la force et le retentissement fonctionnel.
Les radiographies sont l’examen de première intention. Elles permettent de confirmer l’usure articulaire, d’analyser l’alignement et surtout d’évaluer le centrage de la tête humérale, élément clé pour distinguer une arthrose centrée d’une arthrose excentrée.
L’IRM, l’échographie ou le scanner ne sont pas systématiques. Ils sont indiqués de façon ciblée pour analyser la coiffe des rotateurs ou planifier une éventuelle chirurgie de l’arthrose de l’épaule.
La prise en charge de l’arthrose de l’épaule est progressive et individualisée. Elle vise à soulager la douleur, préserver la mobilité et maintenir la qualité de vie, en tenant compte du type d’arthrose, de la sévérité de vos symptômes, de vote niveau d’activité et de vos attentes fonctionnelles.
Le traitement non chirurgical de l’arthrose de l’épaule peut inclure :
Ces mesures améliorent souvent les symptômes sans stopper l’évolution de l’arthrose.
Une chirurgie est envisagée lorsque les douleurs et la gêne fonctionnelle persistent malgré un traitement conservateur bien conduit, et retentissent sur la qualité de vie.
Dans certaines formes débutantes, une arthroscopie de l'épaule peut être proposée, avec un objectif avant tout symptomatique : elle ne permet pas de traiter l'usure cartilagineuse elle-même.
Dans les formes évoluées, la prothèse d'épaule est l'option de référence. Les prothèses d’épaule sont utilisées depuis plusieurs décennies et ont bénéficié d’importantes évolutions, permettant aujourd’hui une adaptation fine au type d’arthrose et au profil du patient.
Il n’existe pas de limite d’âge stricte à la pose d’une prothèse : c'est l'importance des symptômes et leur retentissement sur votre quotidien qui guident la décision..
Deux types de prothèses sont utilisés :
Comme toute chirurgie, l'intervention comporte des risques. Les complications diffèrent selon le type de prothèse : descellement glénoïdien et insuffisance de coiffe pour l'anatomique, instabilité et infection pour l'inversée. La survie des implants est bonne, avec environ 90 % de prothèses en place à 10 ans. Ces complications sont détaillées sur la page Prothèse d'épaule.
L'indication est toujours discutée au cas par cas lors de la consultation spécialisée.
Après une prothèse d’épaule, une immobilisation temporaire est généralement mise en place durant les premières semaines. Sa durée est adaptée individuellement selon le type de prothèse et la technique chirurgicale.
La rééducation débute progressivement, en collaboration avec les physiothérapeutes. Elle vise dans un premier temps à restaurer la mobilité de l’épaule, puis à renforcer les muscles stabilisateurs et à améliorer la fonction globale du membre supérieur.
La récupération fonctionnelle s’étale sur plusieurs mois et vise une diminution durable de la douleur et une amélioration de la fonction pour les activités du quotidien.
Le Dr Tiago Martinho, chirurgien orthopédiste spécialiste de l’épaule et du coude, assure la prise en charge de l’arthrose de l’épaule.
Les consultations ont lieu à Genève et à Nyon et permettent de confirmer le diagnostic, discuter les options de traitement — du traitement non chirurgical à la prothèse d’épaule — et proposer une stratégie personnalisée.