L'ostéochondrite disséquante du coude est une lésion du cartilage et de l'os situé juste en dessous, l'os sous-chondral. Elle siège le plus souvent sur le capitellum, la partie de l'humérus située sur la face externe du coude. Fragilisé, cet os ne soutient plus correctement le cartilage : un fragment de cartilage et d'os peut alors se décoller.
Elle touche surtout le sportif en fin de croissance ou au début de l'âge adulte, qui sollicite intensément son coude, notamment dans les sports de lancer ou la gymnastique. À cet âge, lorsque le cartilage de croissance est fermé ou sur le point de l'être, la lésion a moins tendance à cicatriser seule et devient plus souvent instable.
Elle se manifeste par une douleur sur la face externe du coude à l'effort, une baisse des performances et parfois une perte d'extension ou des blocages.
Un diagnostic précoce permet d'adapter votre traitement — mise au repos de l'articulation si la lésion est stable, chirurgie arthroscopique si elle est instable — et de prévenir des lésions irréversibles du cartilage ou une arthrose précoce du coude.
Malgré son nom, l'ostéochondrite disséquante n'est pas une inflammation : c'est une lésion localisée du cartilage et de l'os sous-chondral, qui fragilise la surface de l'articulation.
Elle siège le plus souvent sur le capitellum, plus rarement sur d'autres zones du coude. Sa taille est variable, et elle peut toucher le cartilage seul ou s'étendre à l'os. Selon son évolution, le fragment de cartilage et d'os peut rester stable, devenir instable, ou se détacher complètement : il forme alors un fragment libre dans l'articulation, responsable de blocages du coude.
On distingue deux formes, selon l'état du cartilage de croissance :
L'ostéochondrite disséquante touche principalement le capitellum, la partie arrondie de l'humérus qui s'articule avec la tête du radius, sur la face externe du coude. C'est une zone clé de transmission des forces entre le bras et l'avant-bras.
Lors des lancers, des appuis en charge sur le bras ou des gestes explosifs répétés, cette zone subit des contraintes de compression et de cisaillement. Elles altèrent progressivement la vascularisation de l'os sous-chondral, qui se fragilise ; le cartilage qu'il supporte est alors atteint à son tour, et un fragment peut finir par se décoller.
L'ostéochondrite disséquante du coude est favorisée par une surcharge mécanique répétée, en particulier chez le sportif.
Les principaux facteurs de risque sont :
L'atteinte concerne le plus souvent le bras dominant, mais les deux coudes peuvent être touchés : chez le sportif à risque, les deux doivent être examinés.
Les symptômes apparaissent le plus souvent de façon progressive et peuvent être discrets au début. Les signes les plus fréquents sont :
Dans les formes plus avancées ou instables, des symptômes mécaniques peuvent apparaître :
Sans prise en charge adaptée, les douleurs peuvent s'intensifier et la mobilité du coude diminuer.
Une consultation spécialisée est recommandée si vous présentez :
Chez un sportif en fin de croissance ou un jeune adulte, une douleur persistante sur la face externe du coude doit faire évoquer une ostéochondrite disséquante. Une évaluation précoce permet de confirmer le diagnostic, d'orienter rapidement le traitement et de limiter le risque de séquelles articulaires.
Le diagnostic repose sur l'examen clinique et l'imagerie. L'examen recherche une douleur à la pression de la face externe du coude, une perte d'extension et des signes de blocage. Il permet aussi de distinguer l'ostéochondrite d'une épicondylite, dont la douleur siège au même endroit.
Les examens d'imagerie sont :
La distinction entre lésion stable et instable est essentielle : elle conditionne le traitement et le pronostic.
Le traitement dépend de votre âge, du stade de la lésion, de la stabilité du fragment et de vos symptômes.
Il est proposé en première intention lorsque la lésion est stable, en particulier si le cartilage de croissance n'est pas encore totalement fermé. Il repose sur :
L'objectif est de permettre à l'os sous-chondral de cicatriser spontanément.
La chirurgie est indiquée en cas de lésion instable, de fragment libre, de blocages ou d'échec du traitement conservateur. Elle est le plus souvent réalisée sous arthroscopie du coude, et le geste dépend de l'état du fragment :
Comme toute chirurgie, ces interventions comportent des risques : une raideur, la persistance de douleurs, un défaut de cicatrisation du fragment fixé, et plus rarement une infection. La stratégie est individualisée selon votre âge et vos objectifs, et les risques propres à votre situation vous sont expliqués lors de la consultation préopératoire.
La récupération est progressive et dépend du geste réalisé et de l'étendue de la lésion. En règle générale :
Les activités quotidiennes reprennent en premier. La reprise sportive est progressive et s'étend sur plusieurs mois : elle n'est autorisée que lorsque la cicatrisation est confirmée, cliniquement et parfois par l'imagerie.
Un suivi régulier permet de surveiller la cicatrisation et de prévenir les récidives. Votre implication dans la rééducation est déterminante pour le résultat.
La prévention repose sur :
Ces mesures limitent aussi le risque de récidive après un traitement. En cas de douleur persistante du coude, réduire immédiatement l'activité évite d'aggraver la lésion.
Le Dr Tiago Martinho, chirurgien orthopédiste spécialiste de l'épaule et du coude, assure la prise en charge de l'ostéochondrite disséquante du coude, chez le sportif en fin de croissance comme chez l'adulte.
Les consultations ont lieu à Genève et à Nyon. Elles permettent de confirmer le diagnostic et de proposer une stratégie thérapeutique personnalisée, conservatrice ou chirurgicale, selon le stade de la lésion.