Épicondylite du coude

Douleur du coude lors de gestes répétés comme serrer, porter ou ouvrir un objet, avec diminution de la force, évoque une épicondylite.

Introduction

L’épicondylite du coude est une cause fréquente de douleur du coude, touchant la face externe ou interne de l’articulation. Elle correspond à une atteinte des tendons de l’avant-bras qui s’insèrent sur l’épicondyle, une zone osseuse située à l’extrémité inférieure de l’humérus.

 

On distingue deux formes principales :

  • l’épicondylite latérale, responsable d’une douleur du coude externe (souvent appelée tennis elbow),
  • l’épicondylite médiale, responsable d’une douleur du coude interne (ou golfer’s elbow).

 

Ces pathologies sont le plus souvent liées à des gestes répétitifs, à une surcharge mécanique prolongée ou à des efforts inhabituels. Elles peuvent entraîner une douleur persistante, une perte de force de préhension et une gêne importante dans les activités professionnelles, sportives ou quotidiennes.

 

Un diagnostic précis permet de confirmer l’épicondylite, d’éliminer d’autres causes de douleur du coude et d’adapter la prise en charge, du traitement conservateur à des options plus ciblées en cas d’évolution prolongée.

Qu’est-ce qu’une épicondylite ?

 

L’épicondylite peut survenir à tout âge, dès lors que les activités professionnelles, sportives ou de loisir entraînent une sollicitation répétée du coude. Elle est le plus souvent unilatérale, touchant le bras dominant dans environ 75 % des cas, mais peut être bilatérale.

 

Contrairement au terme couramment utilisé de « tendinite du coude », l’épicondylite correspond le plus souvent à une tendinopathie dégénérative, et non à une inflammation aiguë.

 

Les micro-traumatismes répétés entraînent une altération progressive de la structure du tendon, avec des micro-ruptures intratendineuses. Sur le plan histologique, on observe :

  • une désorganisation des fibres de collagène,
  • une prolifération de fibroblastes,
  • une hypervascularisation,
  • une absence quasi complète de cellules inflammatoires.

 

Cette physiopathologie explique la douleur mécanique, l’évolution parfois lente et fluctuante, ainsi que la nécessité d’un traitement progressif et adapté. Sans prise en charge adéquate, la dégénérescence tendineuse peut s’aggraver et entretenir les symptômes.

Anatomie et mécanisme

 

Les muscles de l’avant-bras responsables des mouvements du poignet et des doigts s’attachent au coude par des tendons communs :

  • sur la face externe, les muscles extenseurs s’insèrent sur l’épicondyle latéral,
  • sur la face interne, les muscles fléchisseurs s’insèrent sur l’épicondyle médial.

 

Les contraintes répétées exercées sur ces insertions, notamment lors de la pré­hension, du serrage, de la rotation de l’avant-bras ou de l’extension du poignet, peuvent dépasser les capacités d’adaptation du tendon et conduire à une épicondylite.

Épicondylite latérale (face externe du coude)

 

Définition

 

L’épicondylite latérale, aussi appelée tennis elbow, est la forme la plus fréquente d’épicondylite du coude. Elle correspond à une atteinte des tendons des muscles extenseurs du poignet, principalement le court extenseur radial du carpe, au niveau de leur insertion sur l’épicondyle latéral.

 

Elle touche environ 1 à 3 % de la population, avec un pic de fréquence entre 35 et 54 ans, et concerne aussi bien les hommes que les femmes.

 

Mécanisme et facteurs favorisants

 

L’épicondylite latérale résulte d’une surcharge mécanique répétée des tendons extenseurs du poignet. Elle est favorisée par :

  • des gestes répétés de préhension, de serrage ou de traction,
  • des mouvements répétés d’extension du poignet,
  • certaines activités professionnelles manuelles (outils lourds, gestes prolongés, postures contraignantes),
  • des sports sollicitant intensément l’avant-bras (sports de raquette, de lancer, de force),
  • des efforts inhabituels ou non préparés (bricolage intensif, jardinage, déménagement, nouvelle activité sportive).

 

Contrairement à une idée reçue, le tennis n’est pas en cause dans la majorité des cas, et l’évolution du matériel et des techniques a réduit l’incidence de cette pathologie chez les joueurs.

 

La douleur s’installe progressivement et est souvent décrite comme une douleur du coude en serrant la main, en ouvrant un bocal ou en portant un objet. Elle est typiquement reproduite lors de l’extension du poignet ou du majeur contre résistance, alors que la mobilité du coude reste normale.

 

En cas de résistance au traitement, il est important d’évoquer d’autres causes de douleur du coude externe, comme une instabilité huméro-radiale, une plica synoviale, une compression du nerf radial ou des lésions cartilagineuses.

Épicondylite médiale (face interne du coude)

 

Définition

 

L’épicondylite médiale, parfois appelée golfer’s elbow, correspond à une atteinte des tendons des muscles fléchisseurs du poignet et des doigts au niveau de leur insertion sur l’épicondyle médial.
Elle est environ sept fois moins fréquente que l’épicondylite latérale.

 

Mécanisme et facteurs favorisants

 

Elle est favorisée par :

  • des mouvements répétés de flexion du poignet,
  • des efforts de traction ou de serrage,
  • certains sports (golf, sports de lancer),
  • des activités professionnelles sollicitant fortement la face interne du coude,
  • l’utilisation répétée d’outils vibrants.

 

La douleur siège sur la face interne du coude, souvent sourde, parfois irradiée vers l’avant-bras, et est aggravée par la flexion du poignet ou la pronation contre résistance.

 

Une atteinte associée du nerf ulnaire peut être présente et doit être recherchée en cas de fourmillements des 4ᵉ et 5ᵉ doigts.

Symptômes fréquents

 

Les symptômes de l’épicondylite du coude sont le plus souvent mécaniques et liés à l’utilisation du bras :

  • douleur du coude externe ou interne,
  • sensibilité marquée à la pression de l’épicondyle,
  • douleur à la préhension ou au serrage,
  • diminution de la force de la main,
  • gêne dans les gestes du quotidien,
  • parfois irradiation douloureuse dans l’avant-bras.

 

La douleur augmente à l’effort et diminue au repos. Une raideur vraie du coude doit faire évoquer un autre diagnostic.

Quand consulter un spécialiste ?

 

Une consultation spécialisée est recommandée en cas de :

  • douleur persistante depuis plusieurs semaines,
  • gêne fonctionnelle importante,
  • limitation des activités professionnelles ou sportives,
  • perte de force progressive,
  • échec d’un traitement conservateur bien conduit,
  • doute diagnostique.

 

Un avis spécialisé permet de réévaluer le diagnostic et la stratégie thérapeutique, en particulier lorsque les symptômes persistent malgré une prise en charge adaptée.

Diagnostic et examens complémentaires

 

Le diagnostic de l’épicondylite est avant tout clinique. L’imagerie n’est indiquée qu’en cas de doute diagnostique, d’évolution prolongée ou avant une éventuelle chirurgie. Une radiographie, une échographie ou une IRM peuvent alors être proposées.

Options de traitement

 

Les principes de traitement sont similaires pour l’épicondylite latérale et médiale.

 

Traitement conservateur

Le traitement de première intention est non chirurgical. Il repose sur :

  • une adaptation des activités en fonction de la douleur, en évitant les gestes responsables de la surcharge tendineuse,
  • une rééducation tendineuse progressive, visant à renforcer le tendon sans le surcharger (exercices progressifs, étirements doux, renforcement excentrique),
  • des traitements antalgiques ou anti-inflammatoires, par voie orale ou topique selon les cas.

 

Les infiltrations de corticoïdes ne sont pas recommandées de routine, en raison de leur efficacité essentiellement à court terme et du risque de récidive.

D’autres options, telles que les injections de produits autologues (PRP), peuvent être discutées au cas par cas. Elles ne montrent pas de supériorité claire par rapport au placebo mais présentent moins d’effets indésirables que la cortisone.

 

La majorité des patients s’améliore avec une prise en charge conservatrice bien conduite.

 

Traitement chirurgical (rarement indiqué)

 

La chirurgie est exceptionnelle. Elle peut être envisagée dans des formes chroniques avec gêne fonctionnelle persistante malgré un traitement conservateur bien conduit pendant environ un an.

 

Elle vise à traiter les zones tendineuses pathologiques. Des techniques mini-invasives, notamment arthroscopiques, ont montré des résultats cliniques et fonctionnels encourageants dans des formes sévères sélectionnées.

Évolution et récupération

 

L’épicondylite est le plus souvent une pathologie auto-limitée.
La récupération survient généralement en quelques mois, mais peut s’étaler jusqu’à un à deux ans.

 

Environ 5 à 10 % des patients présentent des formes persistantes nécessitant des traitements complémentaires, parfois chirurgicaux.

Le respect des adaptations d’activité, la rééducation progressive et la correction des facteurs favorisants sont essentiels pour limiter les récidives.

Prévention et réduction des récidives

 

La prévention repose sur l’adaptation des activités, la correction des gestes techniques, l’optimisation du matériel et le renforcement progressif des muscles de l’avant-bras. En sport, l’aide d’un entraîneur peut être utile.

Consultations spécialisées

 

Le Dr Tiago Martinho, chirurgien orthopédiste spécialiste de l’épaule et du coude, assure l’évaluation et la prise en charge des épicondylites du coude, qu’elles soient latérales ou médiales.

 

Les consultations ont lieu à Genève et à Nyon et permettent de proposer une stratégie diagnostique et thérapeutique personnalisée, adaptée au profil et aux besoins de chaque patient.

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Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une épicondylite du coude ?

L’épicondylite du coude est une atteinte des tendons de l’avant-bras au niveau de leur insertion sur l’épicondyle. Elle provoque une douleur du coude, soit sur la face externe (épicondylite latérale ou tennis elbow), soit sur la face interne (épicondylite médiale ou golfer’s elbow). Il s’agit le plus souvent d’une tendinopathie de surcharge évoluant progressivement, et non d’une inflammation aiguë.

Quelle est la différence entre une épicondylite latérale et médiale ?

L’épicondylite latérale correspond à une douleur du coude externe et est la forme la plus fréquente. Elle est souvent déclenchée par le serrage de la main ou l’extension du poignet.L’épicondylite médiale provoque une douleur du coude interne et touche les tendons fléchisseurs. Elle est aggravée par la flexion du poignet et certains gestes de traction.

‍Pourquoi ai-je mal au coude en serrant la main ou en ouvrant un bocal ?

Ces gestes sollicitent fortement les tendons de l’avant-bras. En cas d’épicondylite, le tendon fragilisé devient douloureux lors de la préhension, du serrage ou du port d’objets. C’est une plainte très fréquente chez les patients souffrant de douleur du coude externe ou interne.

Combien de temps dure une épicondylite du coude ?

La durée d’évolution est variable. Dans la majorité des cas, l’épicondylite du coude s’améliore en quelques mois avec un traitement adapté. Cependant, la récupération peut parfois prendre 6 à 12 mois, voire jusqu’à 1 à 2 ans dans certaines formes persistantes.

Quels sont les traitements efficaces sans chirurgie ?

Le traitement de l’épicondylite est d’abord conservateur. Il repose sur l’adaptation des activités douloureuses, une rééducation tendineuse progressive et, si nécessaire, des traitements antalgiques ou anti-inflammatoires. Dans la grande majorité des cas, ces mesures suffisent et la chirurgie n’est pas nécessaire.

Quand faut-il envisager une opération pour une épicondylite ?

La chirurgie de l’épicondylite est rarement indiquée. Elle peut être envisagée uniquement en cas de douleur persistante du coude avec gêne fonctionnelle importante, malgré un traitement conservateur bien conduit pendant environ un an. Cette situation concerne une minorité de patients.

Une épicondylite peut-elle récidiver ?

Oui, une récidive est possible, notamment si les gestes ou activités responsables de la surcharge tendineuse persistent. La prévention repose sur l’adaptation des activités, la correction des gestes techniques et le renforcement progressif des muscles de l’avant-bras.

Quand consulter un spécialiste pour une douleur du coude ?

Il est recommandé de consulter un spécialiste en cas de douleur du coude persistante depuis plusieurs semaines, de perte de force, de limitation des activités ou d’absence d’amélioration malgré un traitement bien conduit. Un avis spécialisé permet de confirmer le diagnostic d’épicondylite et d’éliminer d’autres causes de douleur du coude.

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