L’épicondylite du coude est une cause fréquente de douleur du coude, touchant la face externe ou interne de l’articulation. Elle correspond à une atteinte des tendons de l’avant-bras qui s’insèrent sur l’épicondyle, une zone osseuse située à l’extrémité inférieure de l’humérus.
On distingue deux formes principales :
Ces pathologies sont le plus souvent liées à des gestes répétitifs, à une surcharge mécanique prolongée ou à des efforts inhabituels. Elles peuvent entraîner une douleur persistante, une perte de force de préhension et une gêne importante dans les activités professionnelles, sportives ou quotidiennes.
Un diagnostic précis permet de confirmer l’épicondylite, d’éliminer d’autres causes de douleur du coude et d’adapter la prise en charge, du traitement conservateur à des options plus ciblées en cas d’évolution prolongée.
L’épicondylite peut survenir à tout âge, dès lors que les activités professionnelles, sportives ou de loisir entraînent une sollicitation répétée du coude. Elle est le plus souvent unilatérale, touchant le bras dominant dans environ 75 % des cas, mais peut être bilatérale.
Contrairement au terme couramment utilisé de « tendinite du coude », l’épicondylite correspond le plus souvent à une tendinopathie dégénérative, et non à une inflammation aiguë.
Les micro-traumatismes répétés entraînent une altération progressive de la structure du tendon, avec des micro-ruptures intratendineuses. Sur le plan histologique, on observe :
Cette physiopathologie explique la douleur mécanique, l’évolution parfois lente et fluctuante, ainsi que la nécessité d’un traitement progressif et adapté. Sans prise en charge adéquate, la dégénérescence tendineuse peut s’aggraver et entretenir les symptômes.
Les muscles de l’avant-bras responsables des mouvements du poignet et des doigts s’attachent au coude par des tendons communs :
Les contraintes répétées exercées sur ces insertions, notamment lors de la préhension, du serrage, de la rotation de l’avant-bras ou de l’extension du poignet, peuvent dépasser les capacités d’adaptation du tendon et conduire à une épicondylite.
L’épicondylite latérale, aussi appelée tennis elbow, est la forme la plus fréquente d’épicondylite du coude. Elle correspond à une atteinte des tendons des muscles extenseurs du poignet, principalement le court extenseur radial du carpe, au niveau de leur insertion sur l’épicondyle latéral.
Elle touche environ 1 à 3 % de la population, avec un pic de fréquence entre 35 et 54 ans, et concerne aussi bien les hommes que les femmes.
L’épicondylite latérale résulte d’une surcharge mécanique répétée des tendons extenseurs du poignet. Elle est favorisée par :
Contrairement à une idée reçue, le tennis n’est pas en cause dans la majorité des cas, et l’évolution du matériel et des techniques a réduit l’incidence de cette pathologie chez les joueurs.
La douleur s’installe progressivement et est souvent décrite comme une douleur du coude en serrant la main, en ouvrant un bocal ou en portant un objet. Elle est typiquement reproduite lors de l’extension du poignet ou du majeur contre résistance, alors que la mobilité du coude reste normale.
En cas de résistance au traitement, il est important d’évoquer d’autres causes de douleur du coude externe, comme une instabilité huméro-radiale, une plica synoviale, une compression du nerf radial ou des lésions cartilagineuses.
L’épicondylite médiale, parfois appelée golfer’s elbow, correspond à une atteinte des tendons des muscles fléchisseurs du poignet et des doigts au niveau de leur insertion sur l’épicondyle médial.
Elle est environ sept fois moins fréquente que l’épicondylite latérale.
Elle est favorisée par :
La douleur siège sur la face interne du coude, souvent sourde, parfois irradiée vers l’avant-bras, et est aggravée par la flexion du poignet ou la pronation contre résistance.
Une atteinte associée du nerf ulnaire peut être présente et doit être recherchée en cas de fourmillements des 4ᵉ et 5ᵉ doigts.
Les symptômes de l’épicondylite du coude sont le plus souvent mécaniques et liés à l’utilisation du bras :
La douleur augmente à l’effort et diminue au repos. Une raideur vraie du coude doit faire évoquer un autre diagnostic.
Une consultation spécialisée est recommandée en cas de :
Un avis spécialisé permet de réévaluer le diagnostic et la stratégie thérapeutique, en particulier lorsque les symptômes persistent malgré une prise en charge adaptée.
Le diagnostic de l’épicondylite est avant tout clinique. L’imagerie n’est indiquée qu’en cas de doute diagnostique, d’évolution prolongée ou avant une éventuelle chirurgie. Une radiographie, une échographie ou une IRM peuvent alors être proposées.
Les principes de traitement sont similaires pour l’épicondylite latérale et médiale.
Le traitement de première intention est non chirurgical. Il repose sur :
Les infiltrations de corticoïdes ne sont pas recommandées de routine, en raison de leur efficacité essentiellement à court terme et du risque de récidive.
D’autres options, telles que les injections de produits autologues (PRP), peuvent être discutées au cas par cas. Elles ne montrent pas de supériorité claire par rapport au placebo mais présentent moins d’effets indésirables que la cortisone.
La majorité des patients s’améliore avec une prise en charge conservatrice bien conduite.
La chirurgie est exceptionnelle. Elle peut être envisagée dans des formes chroniques avec gêne fonctionnelle persistante malgré un traitement conservateur bien conduit pendant environ un an.
Elle vise à traiter les zones tendineuses pathologiques. Des techniques mini-invasives, notamment arthroscopiques, ont montré des résultats cliniques et fonctionnels encourageants dans des formes sévères sélectionnées.
L’épicondylite est le plus souvent une pathologie auto-limitée.
La récupération survient généralement en quelques mois, mais peut s’étaler jusqu’à un à deux ans.
Environ 5 à 10 % des patients présentent des formes persistantes nécessitant des traitements complémentaires, parfois chirurgicaux.
Le respect des adaptations d’activité, la rééducation progressive et la correction des facteurs favorisants sont essentiels pour limiter les récidives.
La prévention repose sur l’adaptation des activités, la correction des gestes techniques, l’optimisation du matériel et le renforcement progressif des muscles de l’avant-bras. En sport, l’aide d’un entraîneur peut être utile.
Le Dr Tiago Martinho, chirurgien orthopédiste spécialiste de l’épaule et du coude, assure l’évaluation et la prise en charge des épicondylites du coude, qu’elles soient latérales ou médiales.
Les consultations ont lieu à Genève et à Nyon et permettent de proposer une stratégie diagnostique et thérapeutique personnalisée, adaptée au profil et aux besoins de chaque patient.