L'arthroscopie est une technique de chirurgie mini-invasive largement utilisée pour diagnostiquer et traiter de nombreuses pathologies de l'épaule responsables de douleurs, de perte de mobilité ou d'instabilité.
Elle permet, dans de nombreux cas, une récupération plus rapide et moins douloureuse qu'après une chirurgie ouverte, avec des résultats fiables lorsque l'indication est correctement posée.
Le terme arthroscopie provient des mots grecs arthro (articulation) et skopein (observer), signifiant littéralement « regarder à l'intérieur de l'articulation ».
L'intervention consiste à introduire une caméra de petit diamètre (arthroscope) et des instruments chirurgicaux fins à l'intérieur de l'articulation, à travers de très petites incisions appelées portails. Les images sont retransmises en temps réel sur un écran, offrant une visualisation précise des structures internes.
Utilisée en pratique clinique depuis les années 1970, l'arthroscopie a profondément transformé la chirurgie de l'épaule. Son développement a permis des interventions plus précises, plus ciblées et moins invasives que la chirurgie ouverte traditionnelle.
Les progrès technologiques continus — amélioration des caméras, miniaturisation des instruments, évolution des techniques opératoires — ont progressivement élargi ses indications.
Elle occupe aujourd'hui une place centrale dans le traitement des lésions de la coiffe des rotateurs, de l'instabilité de l'épaule, des pathologies du long biceps et lésions SLAP, ainsi que du conflit sous-acromial.
L'arthroscopie est indiquée dans certaines pathologies responsables de douleurs persistantes, de perte de mobilité ou d'instabilité, après échec d'un traitement conservateur bien conduit (repos, physiothérapie, traitement médicamenteux, infiltrations).
Les indications courantes incluent notamment :
L'arthroscopie permet à la fois d'explorer précisément l'articulation et de réaliser un geste ciblé, avec un respect maximal des tissus.
Vous entrez à l'hôpital le matin même de l'intervention. Le séjour dure généralement un à deux jours, selon la pathologie traitée et les suites postopératoires.
Avant l'intervention, un médecin anesthésiste échange avec vous sur les options anesthésiques.
L'arthroscopie est le plus souvent réalisée sous bloc nerveux régional, associé à une anesthésie générale légère afin d'assurer un confort optimal. Le bloc nerveux permet également un bon contrôle de la douleur dans les premières heures postopératoires.
La durée de l'intervention est le plus souvent inférieure à deux heures, selon les gestes réalisés.
Vous êtes installé en position beach chair (semi-assise). Votre épaule et votre bras sont désinfectés, protégés par des champs stériles et maintenus dans un dispositif assurant un positionnement stable pendant l'intervention.
L'arthroscope et les instruments sont introduits par de petites incisions appelées portails : deux à trois au minimum, parfois davantage selon la pathologie traitée.
Le chirurgien réalise ensuite les gestes nécessaires : nettoyage, résection, suture, réparation de la coiffe des rotateurs, stabilisation de l'épaule ou fixation à l'aide d'ancres. Vos incisions sont fermées en fin d'intervention par des points de suture.
Une douleur modérée est fréquente les premiers jours, habituellement bien contrôlée par la glace et les traitements prescrits.
Le port d'une attelle peut être recommandé selon la réparation effectuée. Elle peut rendre le sommeil inconfortable durant les premières nuits ; une position semi-assise est parfois mieux tolérée.
La rééducation est progressive et adaptée au geste réalisé, avec pour objectif de retrouver graduellement mobilité et fonction. Selon la complexité de l'intervention, elle peut être menée en autonomie ou accompagnée par un physiothérapeute.
Les délais varient fortement selon le geste : après un geste simple, la reprise des activités quotidiennes est rapide, en quelques semaines. Après une réparation tendineuse ou une stabilisation, la récupération complète s'étend sur plusieurs mois. Ces délais vous sont précisés en consultation, en fonction de l'intervention prévue.
L'arthroscopie est une technique fiable, associée à un faible taux global de complications, le plus souvent transitoires et réversibles.
Les complications générales possibles incluent :
À ces risques communs s'ajoutent des complications propres à chaque geste : une re-rupture après réparation de la coiffe des rotateurs, une récidive après stabilisation pour instabilité, ou une raideur résiduelle après arthrolyse.
Le risque dépend du geste réalisé, de votre terrain (âge, tabagisme, maladies associées) et du respect des consignes postopératoires. Ces risques vous sont systématiquement expliqués avant l'intervention.
La majorité des patients observe une amélioration significative de la douleur, de la mobilité et de la fonction, avec un retour progressif aux activités professionnelles ou sportives.
La qualité du résultat dépend de la pathologie traitée, de la complexité du geste et de votre implication dans la rééducation.
Toutes les pathologies de l'épaule ne relèvent pas de l'arthroscopie. Dans certaines situations, une chirurgie ouverte est plus appropriée : arthrose avancée nécessitant une prothèse, fractures déplacées, ou lésions très complexes
Une consultation spécialisée permet de déterminer si une arthroscopie est indiquée dans votre situation. Elle est recommandée si vous présentez des douleurs persistantes, une perte de mobilité ou de force, une instabilité, ou en cas d'échec d'un traitement conservateur bien conduit.
Le Dr Tiago Martinho, chirurgien orthopédiste spécialiste de l'épaule et du coude, assure l'évaluation et la prise en charge des pathologies pouvant relever d'une arthroscopie.
Les consultations ont lieu à Genève et à Nyon, avec une approche individualisée fondée sur l'analyse clinique et fonctionnelle de chaque patient.