La prothèse d'épaule remplace les surfaces articulaires endommagées, le plus souvent dans le cadre d'une arthrose gléno-humérale avancée ou d'une atteinte irréparable de la coiffe des rotateurs.
Également appelée arthroplastie de l'épaule, c'est aujourd'hui une intervention fiable et bien codifiée. À l'image des prothèses de hanche ou de genou, elle permet dans la majorité des cas un soulagement durable de la douleur et une amélioration significative de la fonction. Les évolutions récentes des implants et de la planification permettent de choisir une prothèse adaptée à votre anatomie et à vos besoins.
L'articulation de l'épaule, également appelée articulation gléno-humérale, est formée par la tête de l'humérus et la glène de l'omoplate. La prothèse remplace ces surfaces articulaires afin de réduire la douleur et d'améliorer la fonction du membre supérieur.
Une prothèse d'épaule se compose de deux éléments :
Dans la majorité des chirurgies primaires, les implants sont non cimentés : ils se fixent par croissance osseuse, un phénomène appelé ostéointégration.
Selon la pathologie, ces composants sont disposés de manière anatomique ou inversée.
La chirurgie prothétique a connu une évolution majeure au cours des dernières décennies. Initialement développée pour traiter certaines fractures complexes de l'humérus proximal, elle s'est progressivement imposée comme une solution de référence pour les pathologies dégénératives, en particulier l'arthrose avancée.
Les progrès continus, tant dans la conception des implants que dans les techniques chirurgicales, ont amélioré la fiabilité, la durabilité et les résultats fonctionnels.
Le développement des prothèses inversées, plus récent, a transformé la prise en charge de situations autrefois complexes — notamment les ruptures massives et irréparables de la coiffe des rotateurs, auparavant difficiles à traiter, voire non opérables.
Une prothèse d'épaule est envisagée lorsque la douleur liée à une arthrose sévère ou la limitation fonctionnelle persistent malgré un traitement conservateur bien conduit (médicaments, infiltrations, physiothérapie, adaptation des activités).
Les principales indications sont :
Les symptômes associent le plus souvent des douleurs importantes, parfois nocturnes, une perte de mobilité ou de force, et une gêne marquée dans les gestes du quotidien.
L'indication est toujours posée après une évaluation clinique spécialisée et une analyse précise de l'imagerie, dans le cadre d'une décision partagée.
Il existe plusieurs types de prothèses, adaptés à des situations cliniques différentes. Le choix repose sur l'état de l'articulation gléno-humérale et de la coiffe des rotateurs, ainsi que sur votre âge et votre demande fonctionnelle.
Grâce aux outils de planification actuels, l'intervention est préparée à partir d'un scanner, permettant de sélectionner l'implant le mieux adapté à votre anatomie et d'optimiser son positionnement.
Elle reproduit l'anatomie naturelle de l'articulation, en associant une tête humérale métallique et une glène en polyéthylène positionnées selon la géométrie physiologique.
Elle est indiquée dans l'arthrose gléno-humérale avec coiffe des rotateurs intacte, en l'absence de déformation marquée de la glène ou de destruction articulaire avancée.
Lorsqu'elle est correctement indiquée, elle permet un soulagement efficace et durable de la douleur ainsi qu'une restauration fonctionnelle physiologique, avec d'excellents résultats à long terme.
Elle modifie la biomécanique articulaire en inversant la position des composants : une sphère est fixée sur la glène, une cupule sur l'humérus. Cette configuration permet au deltoïde de devenir le principal moteur de l'élévation du bras, compensant l'insuffisance de la coiffe des rotateurs.
Elle couvre un large spectre d'indications complexes : arthrose avec destruction articulaire avancée ou déformation marquée de la glène, rupture massive et irréparable de la coiffe, fracture non reconstructible de l'humérus proximal chez le patient âgé, ou échec d'une chirurgie antérieure.
Elle a transformé la prise en charge de situations autrefois difficiles, voire non opérables.
La chirurgie de prothèse d'épaule est une intervention exigeante, réalisée en centre spécialisé par une équipe expérimentée en chirurgie de l'épaule. C'est une intervention programmée, préparée à l'avance et dont la technique est adaptée au type de prothèse implantée, anatomique ou inversée.
Vous entrez à l'hôpital le matin même de l'intervention. Le séjour dure généralement deux à trois jours. Cette durée peut être prolongée si nécessaire, en fonction du contrôle de la douleur, de la récupération de votre autonomie pour les gestes du quotidien, ou de votre situation à domicile.
Avant l'intervention, un médecin anesthésiste échange avec vous afin d'évaluer votre état de santé général et de discuter des modalités anesthésiques.
La chirurgie est le plus souvent réalisée sous bloc nerveux régional, associé à une anesthésie générale légère, afin d'assurer un confort optimal. Le bloc nerveux contribue également à un bon contrôle de la douleur dans les premières heures postopératoires.
Vous êtes installé en position semi-assise, dite beach chair. Votre épaule et votre bras sont totalement désinfectés et protégés par des champs stériles.
L'intervention est réalisée par une voie d'abord adaptée au type de prothèse et à votre anatomie, le plus souvent par une incision antérieure.
Lorsque le tendon du sous-scapulaire est intact, sa désinsertion est nécessaire pour exposer l'articulation. Il est ensuite réparé en fin d'intervention lorsque la situation anatomique le permet — ce geste conditionne en partie le protocole de rééducation.
L'implantation comprend le retrait des surfaces articulaires endommagées, la préparation de l'os de l'humérus et de la glène, la mise en place de la prothèse, puis la restauration de l'alignement, de la stabilité et de la biomécanique de l'épaule. L'incision est refermée en fin d'intervention.
La durée de l'intervention est en moyenne de une à deux heures, selon la complexité du cas et le type de prothèse implantée.
Une douleur modérée est fréquente les premiers jours, habituellement bien contrôlée par la glace et les traitements prescrits.
Le protocole de rééducation dépend principalement de la réparation ou non du tendon du sous-scapulaire. Une attelle est prescrite uniquement lorsqu'il a été réparé, afin de protéger sa cicatrisation durant les premières semaines. En l'absence de réparation, aucune immobilisation n'est nécessaire et la mobilisation débute immédiatement.
La rééducation est adaptée à votre situation et à la complexité de l'intervention. Elle peut être menée en autonomie à l'aide d'exercices prescrits, ou accompagnée par un physiothérapeute.
Les gestes simples du quotidien sont le plus souvent possibles précocement. La récupération fonctionnelle complète s'étend sur plusieurs mois et repose sur le respect des consignes postopératoires et de votre programme de rééducation.
La prothèse d'épaule donne des résultats généralement favorables sur la douleur et la fonction lorsque l'indication est appropriée. Comme toute intervention, elle expose à des complications.
Une douleur et une limitation de la mobilité sont habituelles durant la phase de récupération et s'améliorent progressivement avec la cicatrisation et la rééducation. Dans certains cas, une raideur durable ou des douleurs persistantes peuvent subsister.
Les complications communes à tout type de prothèse sont rares : infection, instabilité ou luxation, fractures, usure ou descellement des implants et, plus rarement encore, atteinte neurologique ou vasculaire.
Certaines sont plus spécifiques au type de prothèse :
À long terme, une prothèse peut s'user ou se desceller et nécessiter une nouvelle intervention. Dix ans après l'opération, environ 88 à 95 % des prothèses inversées et 93 % des prothèses anatomiques sont toujours en place.
La fréquence et la nature de ces complications dépendent du type de prothèse, de l'indication, de la qualité osseuse et tendineuse, des interventions antérieures et de votre terrain général. Ces éléments sont mis en balance avec les bénéfices attendus lors de la consultation préopératoire.
Le résultat dépend de plusieurs facteurs : le type de prothèse, la pathologie initiale, l'état osseux et tendineux, mais aussi une indication appropriée, une technique maîtrisée et votre implication dans la rééducation.
Les patients observent le plus souvent :
Ces bénéfices fonctionnels sont généralement maintenus dans le temps avec les prothèses actuelles. Il s'agit d'une amélioration fiable de la qualité de vie, sans garantie de récupération complète ni de retour à une épaule strictement normale.
Une consultation spécialisée permet de déterminer si une prothèse est indiquée dans votre situation. Elle est recommandée lorsque la douleur devient chronique ou nocturne, lorsque des gestes simples comme s'habiller, se coiffer ou porter un objet deviennent difficiles, ou lorsque les traitements conservateurs ne suffisent plus.
Le Dr Tiago Martinho, chirurgien orthopédiste spécialiste de l'épaule et du coude, assure l'évaluation et la prise en charge des pathologies pouvant relever d'une chirurgie prothétique.
Les consultations ont lieu à Genève et à Nyon, avec une approche personnalisée visant à proposer la solution la plus adaptée à chaque situation.